Les pieds de l’enfant étourdissent le sol sur cent mètres alors qu’à l’horizon sa mère l’appelle. L’herbe courbaturée reçoit des gouttes d’eau et le limon se souvient de sa foulée. Il y a là un rocher auquel il confie quelques larmes – puis, ravalant sa misère – et comme battu par la houle, reprend sa course sur l’interminable verdure. L’orage métronomique cadence son élan, à travers les fougères, à travers les sentiers, sur les gravillons, et jusqu’au précipice. Enfin, face à la mer, un genou à terre, il empoigne de l’herbe et de l’humus et s’en enduit le visage. Son père le rattrape et pose sur ses épaules une couverture de laine.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s