Entailles

Contre le carrelage branlant, un pied. Sur la baignoire, la lame. Entre ses mains, une tête – la sienne – lourde et lamentable, chaloupant l’aube d’allées et venues contrites. La poussière, la salpêtre, les peluches et le plâtre lui font de l’or aux talons et dans le ciel passe, désolée, un éclat lumineux qu’écorchent les nuages. Il entaille un bras et puis l’autre. Le sang s’évade en une plaie souriante qu’il baigne de larmes et de reconnaissance et de joie et d’abandon. Il tombe sur le ventre. Le carrelage, à sa joue, enseigne l’hiver, la glace, la rigidité, le repos, le sépulcre. Au delà de son corps dansent les alluvions de vermeil euphorique.

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