Camille de Ryck est diplômé en Théologie à la Johnson C Smith University de Charlotte (Caroline du Nord), il est correspondant politique à Belize pour L’Osservatore Romano et chroniqueur littéraire à Radio Côtes d’Armor depuis 1972. Il fut également directeur de campagne d’Alain Madelin pour les élections municipales de 2001 et est rapporteur de la commission parlementaire sur la parité épiscopale. Ce blog publiera désormais ses billets littéraires.

220px-Franzsuppe« Vie de Franz von Suppé » par Marcel Bitsch
Ed. Musiques Âmes — 899p — 80 €

Marcel Bitsch (1921-2001) fut un austère théoricien de la musique. On lui doit un « Traité de contrepoint » et un « Précis d’Harmonie » qui garnissent la tablette de tout étudiant de conservatoire digne de ce nom. Compositeur, il écrit un savoureux « Rondoletto pour basson et piano » (1945) et un ballet, « Le Chalumeau d’or » (1922) dans un style nettement plus contrapuntique. Une fois seulement il s’essaya à l’art délicat de la biographie et ne se résolut jamais à publier son manuscrit qu’il garda jalousement par devers lui, pendant près de cinquante ans. C’est finalement sa veuve, la soprano Angela Gheorghiu qui décida d’offrir la « Vie de Franz von Suppé » à la postérité. Franz von Suppé (1812-1895) fut un compositeur de musique légère près son Altesse l’Empereur François-Joseph Ier d’Autriche qui lui avait demandé « d’écrire une musique fort belle et fort agréable à l’oreille et surtout fort réjouissante et fort plaisante », ce que Suppé s’employa à faire à travers chacune de ses 89 opérettes. Si l’auteur de « Ein Morgen, ein Mittag und ein Abend in Wien » — qui mettait François Joseph en lévitation — s’est assuré une place de choix dans la postérité du théâtre vocal populaire viennois, son rôle éminent sur le front a malheureusement été balayé par l’histoire. Marcel Bitsch rappelle que l’Empereur avait précipité Suppé à la bataille de Vocklabruck pour jouer aux Prussiens, sur son clairon, les « Dix chants imprécatoires » afin qu’ils soient « frappés d’effroi ». Victorieux, Suppé fut ramené à Vienne sur mille chevaux arabes où l’Impératrice douairière lui administra la fameuse Hand-delikätesze, privilège rare et, ma foi, fort stimulant. À la fin de sa vie, Suppé, frappé d’un trouble neurologique rare appelé « clonus » dut renoncer à la plume pour intégrer l’orchestre impérial de l’opérette en qualité de timbalier, où ses convulsions eurent un énorme succès qui menèrent à la composition des « Nein Virtuöse Stücke fur Timbalen und cimbalum ». Un enregistrement de Suppé, accompagné par l’Empereur au clavecin est d’ailleurs glissé dans ce livre aussi instructif qu’indispensable.

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